Publié par : merelmarc | 30 juin 2021

Génocides Amérindiens

Colonies
L’histoire des génocides des autochtones se répend avec l’expansion des puissances coloniales européennes, surtout les portuguais, espagnols, britanniques, français, belges, hollandais et allemands qui prennent possession des territoires aborigènes sur les trois Amériques, en Afrique, en Australie, en Asie et en Indonésie. Il ne faudrait pas conclure que les européens ont été les seuls, il y a les japonais à Hokkaido, les vietnamiens au Champa, les mandchous avec les Mongols, les russes en Sibérie etc…

Romains
La plupart du temps, ça ne se passe pas en douceur comme du temps des romains, où les pays conquis devenaient des états alliées, qui continuaient de se gouverner eux-mêmes, vassaux de Rome on s’entend, mais où les colonisés devenaient des citoyens romains, avec les mêmes droits et autant de chances que les soldats et colons de s’enrichir et même obtenir des postes importants dans l’administration romaine. De plus, si la colonie était affaiblie, on la renforçait par l’envoi d’aide et de nouveaux colons.

Canada
Mais concentrons nous sur le Canada et les Amérindiens où les colons sont français d’abord, puis anglais. Les habitants originaux sont totalement incompris, considérés comme des êtres inférieurs et qualifiés de sauvages.

Français
Pour les français ce sont des sauvages qu’il faut civiliser et bien sûr évangéliser dans le but de les assimiler et les éduquer comme des blancs. Ça commence pas trop mal en 1534 entre Jacques Cartier et les Mi’kmaq d’abord, puis les Montagnais Innus, Algonquiens, Attikameks et Hurons. C’est la belle époque de la traite des fourrures, des coureurs des bois et même des mariages inter-ethniques. Par contre ça ne se passe pas bien du tout avec leurs ennemis, les Iroquois.
Juste pour la petite histoire, on raconte que lors de la rencontre officielle entre Champlain et des Iroquois à Montréal, les Mahawks ont eu bien de la peine à supporter sa présence tellement ils trouvaient que les blancs sentent mauvais. Ajoutons que lors d’une autre rencontre avec un groupe d’Iroquois, aussitôt qu’un guide indigène lui eut désigné les trois chefs iroquois, Champlain en a tué deux à l’arquebuse. Après ça on ne devrait pas s’étonner que les français aient eut une longue période d’hostilités avec la Confédération des Cinq-Nations iroquoises !

Anglais
En ce qui concerne les colons anglais, envieux de la France qui possède quasiment tout le futur Canada ainsi que tout le centre des futurs États-Unis depuis les Grands Lacs jusqu’à la Nouvelle Orléans, ils s’allient avec les Iroquois, puisqu’ils sont les ennemis des amérindiens alliés aux français. Mais les anglais ne sont pas arrivés en Nouvelle France avec l’esprit romain en tête, ni l’intention de fonder des familles anglo-iroquoises.

Ainsi Les anglais encouragent les iroquois Mohawks dans le génocide de la Huronnie. Les rares survivants hurons se réfugient dans un seul village à Lorette près de Québec.

Les Anglais de Terre-Neuve exterminent jusqu’au dernier les Béothuks, qui habitaient l’île à leur arrivée. Extincts en 1829 ! En fait il n’y a même plus aucun autochtone sur l’île de Terre-Neuve aujourd’hui.

Amherst, Gouverneur Général du Canada, connaissant la faiblesse immunitaire des autochtones, ordonne de distribuer des couvertures infectées de variole aux tribus rebelles.

En Nouvelle-Écosse les anglais offrent des primes de chasse en échange des scalps de sauvages.

En 1870, en Alberta, au fur et à mesure que le chemin de fer du Canadien Pacifique se développe, les troupes refusent de fournir des vivres aux indiens parqués dans des réserves, dans le but avoué « d’effectuer un nettoyage ethnique ».

Loi sur les Indiens
Puis les années passent, et les exterminer pour s’en débarrasser n’est plus une option acceptable, des groupes s’en indignent et se rebellent comme Louis Riel, la presse écrite s’en mêle. il n’est plus possible de faire n’importe quoi avec les Amérindiens des Premières Nations.

Alors le Gouvernement du Canada s’organise autrement, plus discrètement, en votant des lois comme l’ignoble Loi sur les Indiens, qui n’a pour but que de faire disparaître les Autochtones comme groupe social. Humiliation, oppression, interdiction de la pêche et de la chasse sur leurs territoires traditionnels. C’est le Premier ministre du Canada qui invente le concept des réserves pour y enfermer les Autochtones, relocalisation, « nettoyage » des territoires de leurs habitants d’origine afin d’en exploiter les ressources, avec violence, voire l’élimination physique intentionnelle si besoin, en les privant intentionnellement de nourriture. Mourant par milliers de faim et de maladie, les Autochtones se soulèvent, prennent les armes et meurent dans des bains de sang.

Le Gouvernement du Canada n’a d’autre choix que de devenir plus subtil, en adoptant des lois perverses. Les sauvages peuvent continuer à exister en apparence, mais on va leur interdire de pratiquer leur culture et leurs rites religieux, les empêcher d’avoir accès à leurs sites sacrés (Loi abrogée par l’American Indian Religious Freedom Act seulement en 1978 !) à leurs territoires de pêche et de chasse. Au Québec, à la fin des années 60, l’État a délibérément affamé des Innus de la Basse-Côte-Nord qui cherchaient à retourner sur leurs terres après un déplacement forcé. Stérilisation des femmes autochtones au Canada dans des hôpitaux administrés par le gouvernement fédéral jusqu’en 2018 ! La loi sur les indiens leur interdit de posséder leur maison, de transmettre l’endroit où ils habitent à leurs enfant. S’ils vont habiter hors de la réserve, ils perdent leur statut d’indien. Dès qu’un Autochtone détient un diplôme universitaire, il perd son statut. Une femme autochtone qui se marie a un non-Autochtones perd également son statut.

Pensionnats
Le régime des pensionnats indiens du Canada dure de 1831 à 1996. Chaque automne la police fédérale enlève les jeunes à leur famille dès l’âge de 4 ou 5 ans. On estime à 150,000 le nombre d’enfants amérindiens, métis et inuits qui ont été placés de force dans plus d’une centaine de pensionnats à travers le pays. Le but est de les assimiler à la culture dominante. Il s’agit de « tuer l’Indien dans l’enfant », c’est écrit noir sur blanc ! Ils sont souvent menés loin de chez eux afin qu’ils ne puissent pas retrouver leur réserve. Les enfants sont rebaptisés avec des noms européens et apprennent le français ou l’anglais. Interdiction d’employer la langue maternelle même entre frères et sœurs, quand ils n’ont pas été séparés volontairement. La religion chrétienne et les vêtements occidentaux sont obligatoires. On leur impose une discipline de fer, avec des mauvais traitements psychologiques et physiques, le froid, la solitude, le travail forcé, des coups, la malnutrition et les maladies. Des abus sexuels généralisés aussi car les mondes hospitalier et de l’éducations sont tenus par des religieux. Il faut comprendre qu’autrefois les homosexuels n’étaient pas acceptée dans la société comme aujourd’hui et que les familles s’en débarrassaient en les confiant aux religieux, accompagné d’une dot conséquente afin de s’occuper de leur …éducation. Ils sont privé de contacts avec leurs proches pendant toute l’année parfois des années et quand ils reviennent dans leur communauté, ils ne connaissent plus leur langue. Souvent ils ne reviennent pas. Et le gouvernement ne prend même pas la peine d’avertir les parents qu’on les a jeté dans une fosse commune non identifiée en arrière du pensionnat… En 2015, la Commission Vérité Et Réconciliation du Canada a qualifié ce système de « génocide culturel ».

Femmes
En 2018, il y a aussi l’aboutissement de la Commission Sur Les Femmes Et Filles Autochtones Disparues Et Assassinées. 1200 femmes et filles autochtones seulement dans les 30 dernières années.

Excuses officielles
A part quelques excuses officielles et beaux discours pleins de promesses de politiciens, rien ne change. Les autochtones habitent toujours trop souvent dans des maisons mal isolées, sans eau et sans électricité. La Commission Vérité Réconciliation précise qu’un engagement considérable de l’État est nécessaire pour favoriser l’égalité des chances et entrevoir une véritable réconciliation.

Joyce Echaquan
Puis le Québec vit son équivalent de George Floyd. Joyce Echaquan femme autochtone de 37 ans hospitalisée à Joliette, est décédée quelques heures après avoir subit insultes et remarques racistes de la part de deux infirmières qui riaient d’elle et de son état. Sauf que la patiente a tout filmé avec son téléphone et publié la vidéo en direct sur Facebook.

Mille cadavres
En moins d’un mois, les restes de 215 enfants sont découverts à Kamloops, en Colombie-Britannique dans des fosses communes sur le site d’un ancien pensionnat catholique pour indiens de la communauté Tk’emlúps te Secwépemc.

Puis en Saskatchewan 751 tombes d’enfants sont découvertes sur le site d’un ancien pensionnat autochtone de la Première Nation de Cowessess.

Puis aujourd’hui, toujours sur les indications d’anciens pensionnaires et en utilisant la même technologie du géoradar, la fouille virtuelle des environs d’un 3ième pensionnat pour enfants autochtones, a permis de découvrir les restes humains de 182 enfants de la première nation de Lower Kootenay en Colombie-Britannique.

Il y a eu au moins 130 établissement dédiés à « rayer les cultures amérindiennes de la carte », selon les mots de l’instigateur de ces usines à assimilation, le Premier ministre du Canada John A. Macdonald.

Ensuite?
Il devrait être difficile pour l’actuel Premier ministre du Canada de s’en tirer avec seulement quelques plates excuses et des larmes d’acteur. Va-t-il fermer les réserves ? Et le pape, va-t-il pleurer aussi et offrir les belles bâtisses de pierre des religieux maintenant inoccupées afin d’y accueillir les autochtones ?


Responses

  1. Tout une bouchée, tout un panier de crabes, c’est l’histoire des humains. C’est ton message, si j’ai compris. Bien reçu.

    Au niveau du détail, voilà les principaux points qui passent mal, haha :
    Champlain a bel et bien arquebusé des chefs indiens, mais c’était en territoire iroquois, lors d’un raid ses alliés algonquins (ou attikameks, les noms ont changé). Nous sommes au 17 ͤ siècle, la tolérance n’existe pas, et il faut choisir son camp. La raison d’être économique de la Nouvelle-France, c’est la traite des fourrures. Celle de la Nouvelle-Angleterre, ce sont les plantations de tabac (qui, comme celles de canne à sucre, ont grand besoin d’esclaves). Au sujet de Champlain, un ouvrage incontournable :
    Champlain’s Dream (Le rêve de Champlain), par David Hackett Fischer
    Il dit en gros que les relations entre les Français et les Autochtones étaient assez bonnes, même avec les Iroquois après la Paix des Braves de 1702.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_paix_de_Montr%C3%A9al
    Cela s’explique du fait que les colons français, contrairement aux colons anglais, n’ont jamais disputé des territoires au Autochtones. Ils n’étaient tout simplement pas assez nombreux pour leur imposer leur volonté. Les Iroquois jouaient les Hollandais (puis les Anglais) contre les Français pour obtenir des biens manufacturés au meilleur prix. Toutefois, ils ont payé bien cher leur alliance avec la Grande-Bretagne contre les Français, puis contre les États-Unis. Voir à ce sujet la révolte de Pontiac, assassiné par les Britoches.

    Ailleurs dans les Amériques (Brésil, Argentine, Chili…), c’est la même triste histoire, celle du pot de terre qui se heurte au pot de fer.

    Au sujet des écoles indiennes :

    Je ne suis pas un gros défenseur de l’église catholique, mais voici une nouvelle qui nous apporte un éclairage cruel sur Tintin Trudeau et les médias grand public canadiens, qui tournent en boucle sur les fosses communes des anciennes écoles indiennes.

    La nouvelle du jour, entendue ce matin sur Radio-Canne :
    Incendie d’une sixième église catholique dans l’Ouest du Canada.

    Ma position, c’est qu’il faut que TOUTE LA LUMIÈRE SOIT FAITE avant de porter des accusations. Quelle est la part des épidémies et maladies infectieuses dans ces charniers? Si responsabilité criminelle il y a, que la justice suive son cours, mais il semble clair qu’il s’agit d’une responsabilité partagée, le principal coupable étant le gouvernement fédéral à cause de la *Loi sur les Indiens raciste toujours en vigueur.

    L’église qui a brûle hier n’était pas sur une réserve indienne. C’est une église canadienne-français patrimoniale à Edmonton. Les coupables sont vraisemblablement des mange-canayens comme il y en a tant en Alberta.

    Hier, à Radio-Canada, Tintin dénonçait encore une fois les agissements de l’église catholique à titre de catholique (c’est lui qui l’a dit). Il demandait au pape de venir au Canada présenter ses excuses pour SES erreurs. Pas celles de son institution, ses propres erreurs.

    Mon interprétation : Avec la complicité active des médias wokes du Canada, Tintin cherche à détourner l’attention de ses propres manquements comme premier ministre du Canada. Lui, le champion des promesses, n’a même pas promis d’abolir la *Loi sur les Indiens dénoncée de plus en plus dans le monde occidental.

    Tout le monde aura compris que nous sommes maintenant en pré-campagne électorale. Comme d’habitude, on peut critiquer Les Québécois et les Canadiens-Français hors Québec, French bashing as usual. Sauf que maintenant, ce sont les églises catholiques qui brûlent. Mais qui attise les flammes ? Si c’était une synagogue ou une mosquée qui avait brûlé, Tintin et Radio-Canne seraient tout de suite montés au créneau pour dénoncer l’antisémitisme ou l’islamophobie, et deux fois plutôt qu’une…


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