Publié par : merelmarc | 10 janvier 2021

Justice vs Vérité

Justice vs Vérité

« Justice n’a pas été rendue ! »

Le désenchantement des victimes d’agressions sexuelles face à la justice criminelle fait la manchette depuis des mois. Chaque acquittement amène une remise en question d’un système de justice qui ne rendrait pas justice aux victimes et les traiterait comme des citoyennes de seconde classe en ne prenant pas au sérieux leur parole en regard de celle des accusés.

C’est une méprise profonde sur la fonction du droit criminel !

Un procès n’a PAS POUR BUT de découvrir la VÉRITÉ.
La victime ne doit attendre ni la RÉPARATION du tort subi
ni une quelconque forme de JUSTICE pour elle-même.

Notre droit criminel est l’un des plus répressifs du monde occidental
et son but est de rendre justice à l’ACCUSÉ et
le protéger contre les erreurs et le risque d’une condamnation erronée.

Un procès criminel tend au maintien d’une société paisible et sûre,
centrée sur le châtiment, la stigmatisation et la mise à l’écart de la personne accusée grâce à la dénonciation des comportements mettant en péril notre tissu social.

MAIS la présomption d’INNOCENCE est le principe fondamental au cœur du système qui vise à garantir qu’un individu ne sera puni
qu’en cas de certitude quasi absolue quant à sa culpabilité.
En cas de doute raisonnable, l’ACQUITTEMENT s’impose.

Attention: cet acquittement n’est ni une déclaration d’innocence, ni la répudiation de la parole de la victime, ni l’issue d’un concours de crédibilité entre deux individus. C’est une décision de renonciation au châtiment pour cause de doute, rien de plus.

Pourtant on assiste ces dernières années à un discours qui associe la valeur et la dignité des victimes à l’ampleur de la punition du coupable
et donc au désenchantement proportionnel chez les victimes.

Une réflexion sérieuse s’impose entre la fonction du droit criminel,
et la difficile remise en question du droit individuel de la victime qui préconise le châtiment sévère du contrevenant ainsi que des peines minimales et cumulatives.

Basé sur :
ANNE-MARIE BOISVERT
PROFESSEURE de DROIT, UdeM
La Presse+ 9 janvier 2021
[Édité]


Responses

  1. C’est un choc de réaliser que les procès ne cherchent pas la vérité ni la réparation d’un tort…

    Dans une agression sexuelle, c’est la parole de l’un contre celle de l’autre. Mais a priori la présomption d’innocence favorise le suspect !

    Dans Le Devoir du 31 décembre 2020, Antoine Baby, bachelier en droit et docteur en sociologie (la Sorbonne), dénonce cette faiblesse du droit et propose des solutions.

    «Pourquoi la victime a-t-elle le fardeau de construire une gigantesque preuve hors de tout doute raisonnable de la culpabilité du suspect, alors que celui-ci peut s’en tirer en demandant à ses astucieux avocats de lever un p’tit doute raisonnable?»

    Il suggère la règle de la «prépondérance des probabilités (le juge décide quelle est la preuve la plus convaincante) qui s’applique au moment du procès plutôt que celle de l’exigence d’une preuve hors de tout doute raisonnable».

    >

  2. Quand le délit a été fait il y a plusieurs années sans témoin c’est parole contre parole.Il y a deux poids ,deux mesures pourquoi on croit ceux qui ont été agressé par les religieux ? Pas de témoins mais comme dans le cas de Rozon plusieurs femmes prêtes à témoigner de son comportement .comme pour les religieux


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